• Analyse filmique de "Harry Potter and The Chamber of Secrets"

    Voici l'analyse filmique de Harry Potter and The Chamber of Secrets (HP et La Chambre des Secrets) faite par ma sœur Flora.

     

    Harry Potter and The Chamber of Secrets

    (Harry Potter et La Chambre des Secrets)

    Réalisateur : Chris Colombus

     

    Ce film est encore très fidèle au bouquin et beaucoup trop….en plus le découpage est mauvais et la façon de filmer laisse rêveur…

    Le début chez les Dursley est correct. La décoration de la maison me fait penser au film US des années cinquante, qui présentaient une Amérique bien propre, impeccable, avec les maisons jumelles super propres, avec le gazon bien vert…le même genre de films et d’images qu’a utilisé David Lynch dans sa séquence d’ouverture de Blue Velvet. Là on voit bien la maison bien rangée, avec papier peint beige, rayures roses et rideaux à fleurs, la belle petite famille avec la ménagère. Les Dursley sont sur leur 31. Harry tranche d’autant plus. Il ne cadre pas avec l’environnement. Il est mis à part. Même quand il bricole, Vernon porte une salopette bleue qu’on croirait flambant neuve ! Il me fait penser à Mario Bros! 

    L’interdit est vraiment prégnant dans le film. On voit des barreaux partout : fenêtres de la chambre de Harry chez les Dursley, nombre incalculable de cages dans la classe de McGonagall et chez Hagrid, c’est la première chose qui nous est montrée; fenêtres du château et n’oublions pas le passage pour passer au quai 9¾ qui se bloque. L’idée, c’est que l’interdit est bravé. Les barreaux de la chambre d’Harry vont être arrachés, en faisant la potion du polynectar  Hermione dit elle-même qu’ils enfreignent au moins une cinquantaine de règles. Cela préfigure l’ouverture de la chambre des secrets qui est un endroit caché, interdit pour beaucoup et pourtant elle sera pénétrée par le héros.

    Il y a dans cet opus un bestiaire qui va de paire avec l’idée de monstre. On voit un chat, des cochons (Terrier) des hiboux….sans compter les animaux assez étranges. Hermione devient une chimère après avoir bu le polynectar….Dans la classe du professeur McGonagall, il y a sur les côtés des cages avec des bêtes, des animaux à l’intérieur, cela fait zoo mais me rappelle aussi les cabinets de curiosité qu’il y avait au 18ème siècle*. On remarque ça juste au moment où elle parle de ce que renferme la chambre des secrets et prononce le mot «monster», monstre.** De même, les gargouilles sont des animaux qui sont assez effrayants tout comme le phoénix géant qui forme l’escalier menant au bureau de Dumbledore. Cette statue est d’ailleurs filmée en contre-plongée. La figure du monstre mène bien sûr au basilic géant de la fin.

    En parlant de monstres, Lucius Malefoy est caractérisé en un personnage monstrueux et très connu : Dracula. En effet, à la fin, dans le bureau de Dumbledore, le visage de Malefoy est éclairé qu’au niveau des yeux, le reste de son visage est dans l’ombre. C’est très flagrant quand il se retourne vers Harry. Son visage est filmé en plan rapproché et on voit bien que la partie des yeux est très éclairée par rapport au reste. Dans Dracula de Tod Browning (1931), le visage de Bela Lugosi est éclairé de la même façon. 

    Harry aussi est assimilé au monstre. Il boit le polynectar et se transforme. On ne voit pas la métamorphose des autres mais la sienne. C’est très intéressant et confère au film un côté «bronigien», donc sombre et expressionniste assez plaisant. C’est le cas aussi du décor chez Barjow et Beurk qui rappelle certains films de Burton. Je pense surtout au château dans Edward aux mains d’argent. 

    La réalisation est vraiment mauvaise. Encore une fois, le film est fidèle et on sent que Colombus s’est appliqué, mais là encore les effets sont ratés. Il n’y a pas plus d’effroi ici que dans le premier opus. Le monde de la magie est encore idéalisé et les efforts du réalisateur pour assombrir le film sont vains. « J’ai dû changer ma façon de filmer » a-t-il dit. Et bien on peut le regretter ! Même si le premier film était figé, au moins c’était sobre. Dans sa volonté d’innover et de rendre le film trépidant, il met des effets de caméra partout ! Les plans en faux grand angle ou de travers, les changements de focales et les distorsions sont trop nombreux et inutiles. Je pense notamment à la scène de flash-back super explicatif où on voit Ginny ouvrir la chambre des secrets. L’effet est horrible !

    Le film n’est pas toujours bien découpé et trop long. La scène de poursuite voiture/araignées est exactement la même que celle voiture/T-Rex de Jurassic Park mais en trois fois moins bien découpée ! Colombus a été l’assistant de Spielberg et ça se voit. Mais il n’a pas le talent du maître.

    Certaines scènes sont inutiles. Le film est trop long. Plus on avance et plus ça tourne à l’interminable séance de jeu vidéo : paf le serpent, l’intrigue se poursuit, on croît approcher du dénouement que là, re-paf le serpent. Ça se traîne en longueur. 

    Sans ces effets et ces scènes en trop, le film serait bien trépidant. Le reste est de facture classique et plutôt pas mal avec quelques détails à relever comme lors du club de duel. On note qu’Harry, le gentil, est à droite, comme il se doit et que le méchant Malefoy est donc à gauche. Ils sont opposés par un champ/contre-champ. 

    Le film peut quand même interpeller. Le rapprochement entre Harry et Voldemort est bien traité, on voit bien leurs points communs, le fourchelang en tête mais pas seulement. L’idée de double apparaît encore. Ressemblance physique, importance du père et le meurtre. Harry n’hésitant pas à tuer (en fait ça ne le tue pas mais c’est ce qu’il désire) en enfonçant la dent dans le journal. L’idée de vengeance est déjà là et ils l’ont en commun.

    L’idée qu’Harry est étrange est d’ailleurs soulignée lorsqu’il prend le polynectar. Alors que les deux autres sont malades après une gorgée, lui boit presque tout, imperturbable. 

    Enfin, la fin est très « tarte » et moralisatrice. Les gens qui applaudissent pendant un long moment, c’est mauvais. Colombus a cédé au happy ending facile et mièvre.

    Encore une fois la noirceur est absente et on ne tremble pas du tout. Le film est très fidèle au livre, un peu trop même. Le découpage n’est pas bon ainsi que la réalisation parfois. Il en résulte un film long et ennuyeux. Il y a plus de rythme que dans le premier mais il est moins intéressant et les acteurs n’ont strictement rien à jouer. Ils se déplacent et disent leur texte voilà tout. Un film avec de l’action, du rythme et de l’humour mais très décevant.

     

    *cabinets de curiosité : au 18ème siècle certaines personnes ayant découvert des pays lointains, exposaient les choses les plus étranges qu’ils avaient ramené de leurs voyages. Cela pouvait aller de pierres à formes étranges aux animaux en passant par des trucs plus glauque genre fœtus humain.

    ** en anglais «monster» n’est pas synonyme de « freak ». « Freak » n’est pas péjoratif à la base. Le mot a été un peu galvaudé. Il peut être utilisé de façon péjorative mais il désigne un monstre mais  il y a un une notion étonnement un émerveillement. «Monster» est toujours péjoratif.

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