• Une nouvelle analyse psychologique d'Harry Potter écrite par ma sœur Flora.

     

    Harry Potter par Freud

    De Flora Ondet

     

    Petit retour au double. Je sais j’ai déjà écrit sur la dissociation et donc vu que Harry et Voldemort étaient légèrement schizophrènes. Mais je vais en reparler non pas par les films et les effets miroir, mais par le biais du texte L’inquiétante Étrangeté de Freud. J’ai déjà mentionné cet essai qui parle de l’angoisse et de l’inquiétant qui surgit du quotidien, de « la maison ». Le double est un motif de l’étrangement inquiétant. Ce sentiment, est, du reste présent dans toute l’œuvre de J. K. Rowling. J’évoquerai par la suite la schizophrénie et la névrose qui provoquent ce sentiment. 

    Freud écrit que « le motif du double dans toutes ses gradations et spécifications, c’est-à-dire de la mise en scène de personnages qui, du fait de leur apparence semblable, sont forcément tenus pour identiques, de l’intensification de ce rapport par la transmission immédiate de processus psychiques de l’un de ces personnages à l’autre - ce que nous nommerions télépathie - de sorte que l’un participe au savoir, aux sentiments et aux expériences de l’autre, de l’identification à une autre personne, de sorte qu’on ne sait plus à quoi s’en tenir quant au Moi propre ou qu’on met le Moi étranger à la place du Moi propre - donc dédoublement du Moi, division du Moi, permutation du Moi – et enfin du retour permanent du même, de la répétition des mêmes traits de visages, caractères, destins, actes criminels, voire des noms à travers plusieurs générations. »[a] 

    Cet extrait est intéressant à plus d’un titre. Déjà pour la ressemblance physique. Je l’ai déjà énumérée. Ils ne sont certes pas tenus pour identiques pour les autres personnages mais pour nous lecteurs la « permutation du Moi » est évidente. Comme le dit Voldemort dans le second bouquin : « il y a une étrange ressemblance entre nous, Harry Potter. Même toi tu as dû le remarquer. Nous avons tous les deux du sang moldu, nous sommes tous les deux orphelins, élevés par des Moldus. Et probablement les deux seuls élèves de Poudlard qui n'aient jamais parlé fourchelang depuis le temps du grand Serpentard lui-même. Même physiquement nous nous ressemblons.[b] » Harry est troublé de cette ressemblance tant physique que psychique.  D’ailleurs c’est surtout sur les « processus psychiques » que la dualité se fait sentir. « L’un participe au savoir, aux sentiments, et aux expériences de l’autre. » Harry ressent ce que Voldemort ressent par l’intermédiaire de sa cicatrice et il sait que c’est vrai. Dans L’ordre du phénix, il est capable de dire si son ennemi est en colère ou heureux.

    « Ça me fait mal car il est….en colère. Harry n’avait eu aucune intention de dire cela et il entendit ses propres paroles comme si un étranger les avait prononcées. Pourtant il savait qu’elles étaient vraies.

    - (Ron) tu parviens à lire les pensées de Tu-Sais-Qui!

    - Non. C’est plutôt…son humeur, j’imagine »[c]

    Ce lien est particulier. On peut le prendre comme la sorte de télépathie dont parle Freud. Ce partage est si troublant que Harry ne sait pas très bien où il en est. Il évoque même la confusion : « la confusion, c’était le mot qui convenait »[d]. Le double va de pair avec la répétition qui occasionne aussi le sentiment d’inquiétante étrangeté. « Même traits de visages, caractères, destins, actes criminels voire des noms. » Là c’est évident. Harry et Voldemort, non seulement se ressemblent, mais question destin ils sont aussi proches puisque c’est le même c’est-à-dire tuer l’autre. Ils ont aussi tué tous les deux. Quant au nom, il suffit de voir que Voldemort est un ‘Junior’ et que le deuxième prénom de Harry est James, le prénom de son père.

    Ce dédoublement altère aussi le physique puisque dans le cinquième livre Harry et Voldemort vont jusqu’à partager le même corps lors de cauchemars du premier. N’oublions pas non plus Voldemort qui par peur de la mort fait des horcruxes pour diviser son âme! Là c’est à l’origine même du double que ça fait écho. Car il était « une assurance contre la disparition du Moi, un ‘démenti énergique de la puissance de la mort’, et il est probable que l’âme ‘immortelle’ a été le premier double du corps. »[e] Tout cela annonce deux autres choses qui sont aussi présentes dans le l’œuvre : non seulement la schizophrénie mais aussi la névrose. 

    Pour traiter ces deux sujets je partirai de la définition encyclopédique de ces deux termes puis j’examinerai comment se manifestent ces tendances.

    Névrose : origine psychique ou psychosomatique. Peut résulter de trouble de l’affectivité ou de la conscience morale, de sexualité, mais peut avoir aussi des causes endocriniennes, humorales, infectieuses, toxiques (alcool, médicaments…). Elle traduit un déséquilibre du dynamisme nerveux.[f]  

    C’est surtout du trouble de l’affectivité (que l’on retrouve chez le schizophrène) et de la conscience morale qui nous intéresse ici. Harry a déjà tué, et à plusieurs reprises, vraiment souhaiter la mort de quelqu’un ou même la sienne comme à la fin du sixième tome quand il se bat contre Rogue.  Sa conscience morale est assez malmenée dans les livres.

    Quant à son trouble affectif, il est évident. Harry Potter n’est pas un être qui a connu beaucoup d’affection. Durant son enfance il n’en a même connue aucune. Il a grandi dans la haine de lui-même et des autres. La première fois que quelqu’un montre de l’affection pour lui, l’apprécie, il a déjà 11 ans. Ce manque se ressent dans sa manière d’aborder les gens, de se comporter avec eux. Il est plutôt introverti et il lui arrive d’être virulent, insolent voire blessant dans ses propos. L’évocation de ses parents est un sujet délicat tout comme sa ressemblance avec Voldemort. Quand Hermione tente de lui rappeler - à la fin du troisième film - que son père est mort, Harry lui coupe la parole sèchement :

    « - Harry you’re father is… 

    - Dead! I know ! »   

    Névrose d’angoisse : prédomine une angoisse intense caractérisée par l’idée d’un danger à venir et se manifestant par des ‘idées noires’, des inquiétudes, une anxiété se répétant à tout propos et restreignant très rapidement le champ d’activité du sujet. Ces états d’angoisse se manifestent par une hyperémotivité ou par des crises soudaines ou le malade redoute la folie, la mort.[g]  

    La folie et la mort sont présentes dans l’œuvre. Quand dans le cinq, Harry croit être possédé par Voldemort et être l’arme de celui-ci c’est bien de cela dont il s’agit. Refusant d’en parler avec les autres, il les fuit. Il s’isole dans une pièce du manoir des Black. Ce comportement est irrationnel comme le lui dira Ginny. Cela va de pair avec l’hystérie. En effet, Harry somatise beaucoup. Il a des sortes de visions qui lui font avoir un comportement irrationnel là encore, et proche de l’hystérie quand il croit que Sirius est en train de mourir au ministère par exemple et qu’il hurle son angoisse. Il est incapable de réfléchir. Comportement qui tranche singulièrement avec celui qu’il aura au ministère, où, alors que la bande est entourée de mangemorts, Harry gardera son sang-froid et parviendra à faire fuir tout le monde avec une brillante idée. Là encore on a droit à deux facettes d'Harry. Le double, la schizophrénie est justement le prochain point. 

    Schizophrénie : désigne l’ensemble des états mentaux pathologiques dont la caractéristique essentielle et évolutive est la dissociation progressive des éléments constitutifs de la personnalité et des fonctions psychiques avec comme corollaire une perte de contact avec la réalité et une tendance croissante à l’inadaptation au milieu.  

    Troubles : tendance à se perdre dans un monde imaginaire alimenté par une pensée perturbée, développement d’idées délirantes et incohérentes et des hallucinations. L’affectivité subit aussi de profondes perturbations (détachement, indifférence, étrangeté des sentiments) ainsi que le comportement (paradoxal, discordant et inadapté).[h]  

    Il n’est pas question de dire que Harry est totalement schizophrène tout comme il n’est pas complètement névrosé. Cependant, Harry en possède quelques symptômes. Tout d’abord la dissociation et la permutation du Moi, avec tous les troubles – déjà évoqués plus haut - qu’ils entraînent. Harry perd plusieurs fois « contact avec la réalité » et est totalement inadapté. Une inadaptation tout d’abord au monde de la magie puis au monde tout court ce qui est logique et compréhensible vu le peu qu’il a vécu pendant son enfance. Pas d’affection donc, mais aussi pas de contact sinon haineux ou violent, personne à qui parler, se confier, à tel point qu’il en vient à se lier avec un animal (un serpent) pour enfin parler normalement et être ébahit devant une simple lettre comme on le serait devant le Saint Graal.  

    L’étrangeté du comportement et des sentiments est parfois d’ordre schizophrénique comme cette incapacité à se sentir coupable après un meurtre. Après avoir tué Quirrell, Harry ne ressent rien de particulier. Il ne regrette pas, ne se sent pas mal dans sa peau alors qu’il vient de perdre son innocence d’enfant, il ne gamberge pas. Certes, on se dit que Quirrell était le pantin de Voldemort et nous ne sommes pas plus désolés pour lui qu'Harry. Cependant un professeur est mort par les mains même du héros et celui-ci n’a pas un comportement normal pour un enfant de cet âge, surtout après un tel acte. « Détachement, indifférence, étrangeté des sentiments », plus d’une fois dans les six tomes Harry a manifesté cela.  

    Il y a une autre chose dans la névrose qui peut être rattaché à ces bouquins et dont Freud parle. C’est le rapport entre rêve et réalité, et cela a trait à la magie. Ce rapport entraîne ce sentiment étrangement inquiétant.  

    « Un effet d’inquiétante étrangeté se produit souvent et aisément quand la frontière entre fantaisie et réalité se trouve effacée, quand se présente à nous comme réel quelque chose que nous avions jusque-là considéré comme fantastique, quand un symbole revêt toute l’efficience et toute la signification du symbolisé et d’autres choses du même genre. C’est là-dessus que repose également une bonne part de l’inquiétante étrangeté inhérente aux pratiques magiques. Ce qu’il y a d’infantile là-dedans, et qui domine aussi la vie psychique des névrosées, c’est l’accentuation excessive de la réalité psychique par rapport à la réalité matérielle, trait qui se rattache à la toute-puissance des pensées. »[i]  

    Ce sentiment d’inquiétante étrangeté n’est-ce pas celui éprouvé par Harry lorsqu’il parvient à faire disparaître la vitre au zoo ou encore quand un demi-géant vient lui dire qu’il est un sorcier ? A ce moment se présente à lui une chose qu’il croyait «fantastique », même inexistant (« There’s no such thing as magic ! » ‘La magie ça n’existe pas’ lui dis son oncle dans le premier film) et qui pourtant s’avère être bien réel. Il est un sorcier.  

    Dans cet extrait se trouve aussi la source de la peur des Moldus envers les sorciers. Ils sont mal à l’aise et préfèrent ne pas en entendre parler car le fait que ce soit réel leur provoque ce sentiment d’étrangement inquiétant.  

    Il n’est donc pas question ici de dire qu'Harry Potter est schizophrène et névrosé, qu’il peut être considéré comme fou ou quelque chose de la sorte. Il est surtout question de voir que l’œuvre de J. K. Rowling emprunte à la psychanalyse. Je ne sais pas si elle a lu Freud ou si elle s’est intéressée de près à la psychanalyse mais elle s’en approche par certains aspects dans son écriture et description des personnages, sentiments et événements. Cela est vraiment intéressant et appelle à la curiosité.


    [a] Extrait de « L’inquiétante étrangeté » essai paru dans les Essais de psychanalyse appliquée de Sigmund Freud, Gallimard, coll. Les Essais, 1933. Gallimard, Paris, 1985 pour la présente édition et les notes. L’inquiétante étrangeté et autres essais, (avec la trad. De 1985 et les notes) Folio, Paris, 1988, pp. 236.  

    [b] Harry Potter et la Chambre des secrets, édition de poche Folio junior, Gallimard Jeunesse, 1999, pp 332-333.  

    [c] Harry Potter et l’Ordre du phénix, édition Gallimard jeunesse, 2003, pp 431-432.

    [d] Ibid. p 434.

    [e] Extrait de « L’inquiétante étrangeté » de Freud, pp236-237 ; ‘démenti….mort’ de O. Rank, Le Double, 1914. 

    [f] Définition de l’encyclopédie Axis.

    [g] Ibid.

    [h] Ibid. p2. 

    [i] « L’inquiétante étrangeté », extrait de L’inquiétante étrangeté et autres essais, Folio, 1988, p251.

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  • Une analyse psychologique du héro de la saga de J. K. Rowling par ma soeur Flora.

     

    Harry Potter : la dissociation et les effets miroir

    De Flora Ondet

     

    Les livres Harry Potter regorgent d’idées parfois noires et complexes voire tordues et les personnages qui composent cette histoire ne le sont pas moins. Les films essaient de reprendre ça. 

    Il y a une certaine schizophrénie dans cette saga et elle se manifeste par plusieurs moyens et surtout par le biais d’Harry et de Voldemort.

    La dissociation est vraiment omniprésente et le personnage principal lui-même est le premier à en souffrir. Il est double. L’idée est que son ennemi c’est lui. C’est pour cela que ses ressemblances avec Voldemort sont aussi mises en évidence.

    Cela se remarque notamment par pléthore d’effets miroir dans les livres mais aussi dans les films. Aucun des réalisateurs n’est passé à côté et cela prouve en partie son importance. 

    En effet, le miroir en lui-même, quel qu’il soit est le symbole du double. Quiconque se voit dedans se multiplie.

    L’histoire des Harry Potter commence par un miroir. Celui de Risèd. Cette scène est très importante. Elle nous indique comment lire ou voir tout le reste de la saga. Cette séquence est d’ailleurs la plus importante du premier film. Harry regarde dans ce miroir et voit ses parents (filiation et image du père installé) et lui-même au centre. C’est la première fois qu’il se dédouble et ce n’est pas la dernière. La dissociation  débute là. Elle ne se poursuit pas trop dans ce premier épisode bien qu’à la fin, il se dédouble encore par le biais de ce même objet.

    Dans le deuxième opus, le miroir prend toute son ampleur et son importance. C’est notamment grâce aux reflets de l’eau que Miss Teigne est tétanisée et non morte. Pareil pour Hermione qui a utilisé un petit miroir. A la fin quand Harry assemble tout les morceaux du puzzle qui lui permettra d’aller sauver Ginny, il regarde vers une fenêtre et on aperçoit son reflet.

    Cependant, c’est dans le troisième film que ces effets sont les plus réussis et qu’ils annoncent clairement la dissociation. Tout d’abord dans le train, quand il se réveil après s’être évanoui, il discute puis se regarde dans la vitre. Là son image est brouillée par la pluie dans une belle transition en fondu enchaîné. Il y a exactement le même effet quand il se voit sur la surface du lac qu’il survole à dos d’hippogriffe. Son reflet est brouillé. Il se dissocie. Son double n’est pas tout à fait comme lui. Il est plus inquiétant. Cela renforce l’ambiguïté du personnage.

    Le troisième est très frappant et indique que « l’autre » est quelqu’un d’inquiétant et d’effrayant. Harry va se promener la nuit avec sa carte du maraudeur et au bout d’un moment, sa baguette, qui est son unique point de lumière, se tourne vers un miroir et il se voit. Comment réagit-il alors ? Il sursaute. Il a peur. Bien sûr, il ne s’y attendait pas mais cela peut  s’interpréter autrement. N’oublions pas non plus le retour en arrière qui le dédouble pour de bon et les plans qui se répètent et se répondent en miroir lorsqu’il va sauver tout le monde avec Hermione. La dissociation est donc plus prononcée ici que lors des deux premiers. En effet, plus les livres (et les films donc) avancent et plus cette idée est prégnante même si dans la quatrième aventure, il y a moins d’effets miroir (Ils réapparaîtront dans les autres livres notamment avec le miroir que donne Sirius à Harry dans le 5ème tome). 

    C’est que le double intervient de différentes façons. Miroir ou pas, le personnage principal ne cesse de se dédoubler offrant différentes facettes de lui-même. En fait, toute cette idée réside déjà dans le sujet même de la saga : l’obsession de l’image du père avec d’un côté la bonne figure paternelle qu’est Dumbledore et, de l’autre, la mauvaise figure qu’incarne Voldemort.

    Deux figures qui sont importantes pour Harry qui est un orphelin. Son problème est qu’il est beaucoup plus proche de la mauvaise que de la bonne. Cela est appuyé dès le second tome où il est beaucoup question de ses ressemblances avec Voldemort. Ils ont tous les deux les cheveux noirs corbeaux, sont plutôt maigre, ont grandi sans parents, ont du sang moldu et parlent le fourchelang et se foutent pas mal des règlements. Cela fait déjà beaucoup mais ce n’est qu’un début. Il faut ajouter qu’ils ont une plume du même phénix dans leurs baguettes qui sont donc soeurs. N’oublions pas non plus les traits de caractères. Harry est sombre, très vindicatif et parfois violent tout comme son ennemi. Puis il y a aussi la célébrité et le fait qu’ils aient tous deux des admirateurs, des partisans et des détracteurs. Cela fait quand même énormément de points communs. 

    Ce n’est pas fini. Cela va beaucoup plus loin. L’idée que Voldemort et Harry sont des alter ego et sont pareils se manifeste par des faits qui tendent à les rapprocher. Tout d’abord dans le quatrième opus, pour revenir pour de bon, Voldemort doit prélever du sang d'Harry. Cela lui permet de casser la protection de Lily Potter envers son fils. Le message est clair : « c’est le même sang qui coule dans nos veines ! Tu es moi et je suis toi ». Dans le cinquième tome, Harry et Voldemort vont même jusqu’à partager sentiments et corps ! Ils sont toujours en interaction.

    « L’ennemi c’est moi ». C’est valable pour Harry et pour Voldemort. Dumbledore ne cesse-t-il pas de répéter que c’est le second qui a choisi et même fait du premier son ennemi ? 

    Voldemort a fabriqué Harry tel qu’il est aujourd’hui. Il en a fait son alter ego, son ennemi et son double. La dissociation, cela fait encore un point qu’ils partagent. Cela affecte leurs visions des choses, leurs comportements vis-à-vis des autres. Il est utile de noter qu'Harry n’est pas forcément bon envers ses congénères. Il peut passer du jeune héros adolescent courageux et un peu perdu à bourreau (Il tue Quirrell, puis l’image de Voldemort avec beaucoup de sang-froid). Il peut céder à son désir de vengeance. C’est ce qu’il commence à faire à la fin du troisième en sautant sur Sirius. Cela se voit particulièrement dans le film, il y a quelque chose de dangereux, presque d’animal qui se dégage de lui.

    La schizophrénie est donc bien présente dans la saga. Harry et Voldemort sont deux personnages dissociés qui ne font qu’un. Ils sont chacun l’ennemi de l’autre et leur propre ennemi en même temps. Quand Harry tuera Voldemort, il tuera une partie de lui-même avec. Cette constatation appelle un autre thème : le désir de parricide, Voldemort étant la mauvaise figure du père. Il faut qu’il s’en débarrasse pour pouvoir être lui-même, un adulte indépendant. Devant aussi se défaire de la bonne figure pour y arriver, il était donc logique que Dumbledore meure dans le sixième tome. C’est un voyage initiatique que Harry parviendra à finir quand son « deuxième père » et son « deuxième lui » seront morts. Tout cela si Harry lui-même survit bien entendu.

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  • Voici l'analyse filmique de Harry Potter and The Chamber of Secrets (HP et Le Prisonnier d'Azkaban) faite par ma sœur Flora.

     

    Harry Potter and The Prisoner of Azkaban

    (Harry Potter et Le Prisonnier d'Azkaban)

    Realisation: Alfonso Cuaron

     

    Ce film est radicalement différent des deux précédents. C’est aussi l’épisode de l’entrée dans l’adolescence. Ce troisième opus est plus rythmé et plus noir.

    Tous ces changements se voient dès le début du film avec caméra à épaule, couleur froide et, rapidement, fuite dans la nuit pour Harry sous une lune gothique. (On pense souvent à Burton). 

    Contrairement aux deux films précédents, celui-là est vraiment centré sur les personnages et en particulier sur celui d’Harry. L’obsession de l’image du père est le sujet avec l’adolescence, la haine et la peur. On découvre une toute autre facette des personnages : Harry n’est pas qu’un pauvre petit héros au destin tragique et au grand courage. C’est aussi un ado qui a peur, qui est sombre, vindicatif et pas aimable. On est loin du héros modèle traditionnel.

    Le film gagne donc en profondeur. Surtout que Cuaron et son scénariste Steve Kloves, ont pris le parti d’enlever tout - ou presque - ce qui n’a pas trait à cela. Même l’histoire de l’évadé Sirius Black est reléguée au second plan. C’est une des libertés que le réalisateur a prises. Epuration de l’histoire au profit du climat, de la tension et des personnages. Harry est d’ailleurs de toutes les scènes et on le voit souvent au centre comme lors du cours de défense contre les forces du mal. La caméra tourne autour de lui. 

    Cuaron aère aussi le bouquin, délaissant le château et la description des événements internes à Hogwarts au profit de scènes en extérieurs et décors naturels où apparaissent créatures gracieuses, gothiques ou effrayantes. 

    Il prend aussi des libertés vestimentaires : pour affronter les détraqueurs et échapper à un loup garou, le jean et les baskets, c’est mieux. Cela donne un ton particulier et assez plaisant. 

    Ce film est en effet intéressant pour son atmosphère. Déjà l’idée des couleurs froides et de l’imagerie expressionniste à grand renfort de clair/obscure rend le tout plus inquiétant. Ensuite, le fait que Cuaron film le quotidien et installe une routine ronronnante ne fait que rendre les attaques ou les créatures qui rôdes plus effrayants et plus marquant. Il instaure une impression d’«inquiétante étrangeté »* ce qui fait encore penser à Burton. Ici règne ombres, fantômes, un monde lisse de masques et d’apparitions qui renouent avec l’essence même du conte. 

    L’étrange est un mot qui sied bien à ce film et l’atmosphère est aussi créée par un bestiaire impressionnant : il y a des animaux de toutes sortes et partout. Crapaud, chat, rat, chouette et hiboux, girafe, serpent, chien, hippopotame, corbeau….Ils sont dans les tableaux dans les salles, ou dans la nature…ils sont même en cri, au début quand Harry et ses amis mangent des bonbons : lions, éléphant, singe….il y en a plus que dans un film de Browning.

    Ces animaux ont bien sûr une fonction…cela fait figure de décors et participe à l’environnement et à l’atmosphère. Cuaron les utilise pour confronter le vrai et le faux. Certains animaux sont vrais (chouette, chat..) et d’autres pas (oiseau en papier). Certains existent réellement et d’autres sont le produit de l’imagination de l’auteur (hippogriffe) ou de l’équipe du film (oiseau en papier). Certains sont bel et bien des animaux (chat, chouette…) d’autres non (rat, chien) et ainsi de suite. Cette notion de vrai/faux brouillée annonce évidemment la fin avec Sirius (good ou bad guy ???) mais le fait de façon détournée, subtile. Tout comme ces plans sur les horloges et le balancier dans le hall annonce le retour en arrière. 

    Ce bestiaire marque la figure du monstre. Il y a beaucoup de chimères dans ce film ; dans l’antiquité et au  Moyen-Âge, elles étaient une grande figure de monstre. Cela me fait penser à Freaks de Browning quand Cléo, à la fin, est transformée en femme poule. Le cinéma de Browning est fait de monstres, de fêtes foraines et d’animaux…on peut donc y voir là une référence. D’ailleurs, comme autre référence à Browning, je trouve que Trelawney parle exactement comme Bela Lugosi dans Dracula (1931). Le monstre intervient aussi dès le début avec une femme montgolfière et un bossu. Sans parler des têtes miniatures…Autre détail troublant : quand Harry va se faire « emmené » par Hermione alors qu’elle est sur une branche du saule cogneur, il y a un regard caméra. On dirait vraiment que Radcliffe nous regarde.

    Comme dans les deux premiers films, certains animaux sont effrayants et on pense encore aux cabinets de curiosité (l’animal qui dépasse d’une coquille d’œuf chez Hagrid). 

    On peut aussi noter un hommage au début du cinéma avec un projecteur archaïque qu’utilise Rogue pour montrer des images (sur un écran sortit de nulle part) de monstres (belle déviation de l’Homme de Vitruve De Vinci). 

    Ce qui frappe aussi dans ce film, c’est l’interdiction, le verrou. On ne nous donne que très peu d’information. On en sait autant que le héros. Nous découvrons avec lui. Mais on n’a pas le droit d’entendre certaines choses. L’accès est interdit, obstrué. Il y a beaucoup de portes. Il y a ce plan en grand angle où l’on voit la porte du château se verrouiller. C’est évident dès la première partie du film. Harry n’a pas le droit de se promener sur le chemin de traverse et dans le train, il dit à Hermione et Ron qu’il a quelque chose à dire et là, il ferme la porte sur nous. On reste dehors.  Hermione et Ron ne peuvent rentrer aux Trois Balais. La porte se referme sur eux. Harry doit lutter et enfreindre les règles pour comprendre ce qui se passe. 

    Au niveau de la réalisation, ce film n’est pas très découpé par rapport aux deux premiers. Il est en revanche plus rythmé avec notamment des plans filmés caméra à épaule. Il y a beaucoup de fluidité dans la manière de filmer. Les séquences s’enchaînent bien. La caméra épouse le regard du héros, ou s’accorde avec l’action, le trajet que font les personnages. Par exemple, lors du retour dans le temps, Harry et Hermione quittent l’infirmerie pour aller chez Hagrid. La caméra les suit dans le couloir en travelling avant, puis continue en passant par les rouages de l’horloge, pour continuer à les suivre en travelling avant d’avoir un plan fixe et a hauteur d’enfant sur le pont. Et bien, à la fin, quand ils reviennent à l’infirmerie, ils refont le même trajet à l’envers. La caméra fait de même. Plan fixe sur le pont puis, sur la cour et rentrée par l’horloge puis les rouages en travelling arrière où on retrouve nos héros dans le couloir. 

    Cuaron apporte également une touche personnelle très intéressante en brisant les règles du champ/contre-champ. Normalement, le second précède immédiatement le premier mais là ce n’est pas le cas. Nous avons trois champs et les contre-champs ne viendront qu’une vingtaine de minutes plus tard à la faveur d’un retour dans le temps, ce qui donne la plus belle scène du film, celle du patronus, en résolvant les questions posées par les champs : Buck vivant ou mort ? Sirius méchant ou gentil ? Potter père ou fils ? Comblant les fissures du champ et du hors-champ, le réalisateur fait de cette superbe séquence finale l’épicentre de son film, jeu de miroir où un plan répond à l’autre pour en déplier toutes les potentialités d’inversion.

    D’ailleurs si l’influence de Burton est évidente, On sent que Cuaron prend plaisir à faire bondir son récit par le mouvement alors qu’à l’opposé, Chris Colombus se complaisait dans un figement descriptif.

    La réussite du film tient de là : l’équilibre trouvé entre naïveté et sophistication, archaïsme du conte et déluge des effets. 

    Bref un film baroque, à la mise en scène admirable de fluidité, avec le plaisir du conte retrouvé et qui contrebalance parfaitement avec les effets et les signes du genre blockbuster.

     

     * « L’inquiétante étrangeté » (Unheimliche en allemand) est un essai de Sigmund Freud sur ce qui n’appartient pas à la maison et pourtant y demeure. En fait l’idée est que l’étrange, et l’inquiétant de ce que l’on connaît bien ; Ca sort du quotidien. Unheimliche peut être aussi traduit par l’insolite.

    De nombreux cinéastes ont lu Freud, notamment ses contemporains comme Tod Browning. Mais aussi les successeurs de celui-ci : Tim Burton, David Lynch ou le français Georges Franju.

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  • Voici l'analyse filmique de Harry Potter and The Chamber of Secrets (HP et La Chambre des Secrets) faite par ma sœur Flora.

     

    Harry Potter and The Chamber of Secrets

    (Harry Potter et La Chambre des Secrets)

    Réalisateur : Chris Colombus

     

    Ce film est encore très fidèle au bouquin et beaucoup trop….en plus le découpage est mauvais et la façon de filmer laisse rêveur…

    Le début chez les Dursley est correct. La décoration de la maison me fait penser au film US des années cinquante, qui présentaient une Amérique bien propre, impeccable, avec les maisons jumelles super propres, avec le gazon bien vert…le même genre de films et d’images qu’a utilisé David Lynch dans sa séquence d’ouverture de Blue Velvet. Là on voit bien la maison bien rangée, avec papier peint beige, rayures roses et rideaux à fleurs, la belle petite famille avec la ménagère. Les Dursley sont sur leur 31. Harry tranche d’autant plus. Il ne cadre pas avec l’environnement. Il est mis à part. Même quand il bricole, Vernon porte une salopette bleue qu’on croirait flambant neuve ! Il me fait penser à Mario Bros! 

    L’interdit est vraiment prégnant dans le film. On voit des barreaux partout : fenêtres de la chambre de Harry chez les Dursley, nombre incalculable de cages dans la classe de McGonagall et chez Hagrid, c’est la première chose qui nous est montrée; fenêtres du château et n’oublions pas le passage pour passer au quai 9¾ qui se bloque. L’idée, c’est que l’interdit est bravé. Les barreaux de la chambre d’Harry vont être arrachés, en faisant la potion du polynectar  Hermione dit elle-même qu’ils enfreignent au moins une cinquantaine de règles. Cela préfigure l’ouverture de la chambre des secrets qui est un endroit caché, interdit pour beaucoup et pourtant elle sera pénétrée par le héros.

    Il y a dans cet opus un bestiaire qui va de paire avec l’idée de monstre. On voit un chat, des cochons (Terrier) des hiboux….sans compter les animaux assez étranges. Hermione devient une chimère après avoir bu le polynectar….Dans la classe du professeur McGonagall, il y a sur les côtés des cages avec des bêtes, des animaux à l’intérieur, cela fait zoo mais me rappelle aussi les cabinets de curiosité qu’il y avait au 18ème siècle*. On remarque ça juste au moment où elle parle de ce que renferme la chambre des secrets et prononce le mot «monster», monstre.** De même, les gargouilles sont des animaux qui sont assez effrayants tout comme le phoénix géant qui forme l’escalier menant au bureau de Dumbledore. Cette statue est d’ailleurs filmée en contre-plongée. La figure du monstre mène bien sûr au basilic géant de la fin.

    En parlant de monstres, Lucius Malefoy est caractérisé en un personnage monstrueux et très connu : Dracula. En effet, à la fin, dans le bureau de Dumbledore, le visage de Malefoy est éclairé qu’au niveau des yeux, le reste de son visage est dans l’ombre. C’est très flagrant quand il se retourne vers Harry. Son visage est filmé en plan rapproché et on voit bien que la partie des yeux est très éclairée par rapport au reste. Dans Dracula de Tod Browning (1931), le visage de Bela Lugosi est éclairé de la même façon. 

    Harry aussi est assimilé au monstre. Il boit le polynectar et se transforme. On ne voit pas la métamorphose des autres mais la sienne. C’est très intéressant et confère au film un côté «bronigien», donc sombre et expressionniste assez plaisant. C’est le cas aussi du décor chez Barjow et Beurk qui rappelle certains films de Burton. Je pense surtout au château dans Edward aux mains d’argent. 

    La réalisation est vraiment mauvaise. Encore une fois, le film est fidèle et on sent que Colombus s’est appliqué, mais là encore les effets sont ratés. Il n’y a pas plus d’effroi ici que dans le premier opus. Le monde de la magie est encore idéalisé et les efforts du réalisateur pour assombrir le film sont vains. « J’ai dû changer ma façon de filmer » a-t-il dit. Et bien on peut le regretter ! Même si le premier film était figé, au moins c’était sobre. Dans sa volonté d’innover et de rendre le film trépidant, il met des effets de caméra partout ! Les plans en faux grand angle ou de travers, les changements de focales et les distorsions sont trop nombreux et inutiles. Je pense notamment à la scène de flash-back super explicatif où on voit Ginny ouvrir la chambre des secrets. L’effet est horrible !

    Le film n’est pas toujours bien découpé et trop long. La scène de poursuite voiture/araignées est exactement la même que celle voiture/T-Rex de Jurassic Park mais en trois fois moins bien découpée ! Colombus a été l’assistant de Spielberg et ça se voit. Mais il n’a pas le talent du maître.

    Certaines scènes sont inutiles. Le film est trop long. Plus on avance et plus ça tourne à l’interminable séance de jeu vidéo : paf le serpent, l’intrigue se poursuit, on croît approcher du dénouement que là, re-paf le serpent. Ça se traîne en longueur. 

    Sans ces effets et ces scènes en trop, le film serait bien trépidant. Le reste est de facture classique et plutôt pas mal avec quelques détails à relever comme lors du club de duel. On note qu’Harry, le gentil, est à droite, comme il se doit et que le méchant Malefoy est donc à gauche. Ils sont opposés par un champ/contre-champ. 

    Le film peut quand même interpeller. Le rapprochement entre Harry et Voldemort est bien traité, on voit bien leurs points communs, le fourchelang en tête mais pas seulement. L’idée de double apparaît encore. Ressemblance physique, importance du père et le meurtre. Harry n’hésitant pas à tuer (en fait ça ne le tue pas mais c’est ce qu’il désire) en enfonçant la dent dans le journal. L’idée de vengeance est déjà là et ils l’ont en commun.

    L’idée qu’Harry est étrange est d’ailleurs soulignée lorsqu’il prend le polynectar. Alors que les deux autres sont malades après une gorgée, lui boit presque tout, imperturbable. 

    Enfin, la fin est très « tarte » et moralisatrice. Les gens qui applaudissent pendant un long moment, c’est mauvais. Colombus a cédé au happy ending facile et mièvre.

    Encore une fois la noirceur est absente et on ne tremble pas du tout. Le film est très fidèle au livre, un peu trop même. Le découpage n’est pas bon ainsi que la réalisation parfois. Il en résulte un film long et ennuyeux. Il y a plus de rythme que dans le premier mais il est moins intéressant et les acteurs n’ont strictement rien à jouer. Ils se déplacent et disent leur texte voilà tout. Un film avec de l’action, du rythme et de l’humour mais très décevant.

     

    *cabinets de curiosité : au 18ème siècle certaines personnes ayant découvert des pays lointains, exposaient les choses les plus étranges qu’ils avaient ramené de leurs voyages. Cela pouvait aller de pierres à formes étranges aux animaux en passant par des trucs plus glauque genre fœtus humain.

    ** en anglais «monster» n’est pas synonyme de « freak ». « Freak » n’est pas péjoratif à la base. Le mot a été un peu galvaudé. Il peut être utilisé de façon péjorative mais il désigne un monstre mais  il y a un une notion étonnement un émerveillement. «Monster» est toujours péjoratif.

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  • Voici l'analyse filmique de Harry Potter and The Philosopher's Stone (HP à l'Ecole des Sorciers) faite par ma sœur Flora.

     

    Harry Potter and The Philosopher’s Stone

    (Harry Potter à l'Ecole des Sorciers)

    Réalisateur : Chris Colombus

     

    Ce film est le premier de la saga, il est donc là en introduction. Il le fait assez bien, il est très fidèle au livre dont il suit le parcours pratiquement chapitre par chapitre. Ce film est très professionnel c’est une qualité, mais aussi un défaut…En voulant nous présenter le monde sorcier, il s’attarde sur des détails où des gadgets inutiles comme le briquet de Dumbledore lors de la séquence d’exposition. 

    Le début du film, justement, est long. La situation est engagée de façon très classique avec le jeune héros petit et maigrichon, filmé en plongé et maltraité par sa famille notamment son cousin, filmé en contre-plongée comme il se doit… Le rapport de force est mis en place tout de suite. Puis survient donc l’élément perturbateur synonyme d’espoir pour Harry. Une lettre, qui sera donc confisquée par tonton. Mais il y en aura une autre. Cela pourrait être suffisant, malheureusement, Chris Colombus se répète et nous montre la même scène deux ou trois fois….Dans son soucis d’être fidèle, il est redondant et la séquence d’exposition se traîne en longueurs. 

    Finalement Harry apprend qu’il est un sorcier par Hagrid, venu aussi le chercher. Il est intéressant de noter que dans la mythologie, le géant était envoyé par les Dieux pour prévenir les humains que quelque chose allait se passer où leur apporter une nouvelle. Hagrid est un demi-géant et dans cette scène, il remplit un peu cette fonction. Il le fera d’ailleurs aussi dans d’autres scènes. Il y a la même chose dans Twin Peaks de David Lynch. 

    La séquence d’exposition enfin terminée, place au monde de la magie avec un Chaudron Baveur tout droit sorti de Dickens. Ce monde magique est idéalisé comme le montre la scène du Chemin de Traverse qui rend compte de l’émerveillement heureux d’Harry. Il n’y a pas de zones d’ombres où d’effroi ici. Même quand Hagrid parle de Voldemort, on ne frissonne pas. « Magic Rules » est le message.  

    Ensuite tout est exactement comme dans le bouquin. Un peu trop d’ailleurs….il y a pas mal d’idées qui tiennent du livre comme les échecs, mais elles ne sont pas vraiment développées. On n’aura pas droit à du suspense dans la scène d’échecs de fin…Colombus rate même ses effets de surprises, comme le coup du minuscule paquet dans le coffre. Avec la musique wagnérienne et une grande porte, il aurait fallu ne pas nous montrer le paquet avant que la porte ne soit ouverte !

    La réalisation n'est guère inventive et est très figée, ce qui explique en partie le fait qu’on ne rentre pas dans le film. Il n’y a pas beaucoup de mouvement de caméra, c’est avant tout du champ/contre-champ, plan large, plan rapproché… On sent que Colombus a cherché à s’appliquer, mais un peu trop tout de même ! Il manque l’inattendu, la spontanéité, un petit grain de folie même, pourquoi pas ?

    En fait tout le film tourne autour de la scène, par ailleurs interminable, de Quidditch, très attendue et très préparée, et arrive comme La grande scène de bravoure calculée un peu à la manière de la course de pods dans Star Wars Episode 1. 

    Cela dit, il y a quelque détails assez croustillants comme Rogue s’en allant après avoir dit au trio de ne pas rester seul à l’intérieur sous peine de croire qu’ils manigancent quelque chose, et ayant l’air de Dark Vador vu de dos, avec cape qui ondule et démarche assurée. 

    Il faut aussi noter que la scène du miroir de Risèd, qui est la plus importante du film, car présentant les sujets de la saga (l’obsession de l'image du père et le double) n’est pas bâclée. Elle est sobre et simple. 

    Ce film remplit donc son contrat, il présente fidèlement le monde sorcier et les personnages, il est assez bien mené malgré les défauts et les longueurs mais on ne parvient pas à rentrer dans le film.

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  • The Help / La Couleur Des Sentiments: film à découvrir.

    Un film que j'ai découvert et que j'ai beaucoup aimé: "The Help" (les bonnes, littéralement) traduit en français par "La Couleur Des Sentiments".

    C'est le deuxième film de Tate Taylor basé sur un roman ("The Help") de Kathryn Stockett, un énorme succès (six semaines au sommet du classement des meilleures ventes dressé par le New York Times).

    Le film est sorti en 2011 avec une belle distribution solide que vous pouvez retrouver ici. Il y a notamment: Viola Davis, Emma Stone, Bryce Dallas Howard, Allison Janney, Sissy Spacek, Mika Vogel, Octavia Spencer et Chris Lowell.

    Le film a fait l'ouverture du Festival du Film américain de Deauville, en 2011.

    The Help / La Couleur Des Sentiments: film à découvrir.

    Synopsis: L'histoire de la vie des domestiques afro-américains chez les riches familles blanches dans le Mississippi d’avant la lutte pour leurs droits civiques. 

    La jeune Skeeter raconte les histoires de ces domestiques avec leurs points de vue tout en étant témoin des paroles et actions racistes de ses riches "amies".

    Voici la bande annonce en VOSTFR.

    Pour finir, sachez que ce film a obtenu 9 prix et 24 nominations et est disponible en DVD et Blue-ray!

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  • Back to Hogwarts 2011 banner 

    A l’occasion de la sortie du dernier film Harry Potter et les Reliques de la Mort : Partie 2, Spotlight Events organise sa deuxième convention Harry Potter! 

    Back to Hogwarts : La dernière Bataille aura lieu du 26 au 28 Août 2011 à Paris ! (Lieu à confirmer) Trois jours de convention afin de rencontrer vos acteurs préférés autour de Photoshoot, autographes, conférences et d’animations. 

    La vente aura lieu à partir d’aujourd’hui, 09 Janvier à 18h. 

    Pour cela toute l’équipe sera disponible dans le Chatbox afin de vous aider en cas de problème. 

    A lire : les conditions de ventes

     

           LES PASS 

    Pass Vip : A partir de 300 euros aux enchères. (Limité à 4 pass) 

    - Accès les trois jours à la convention

    - Premier rang au milieu pendant les conférences

    - Prioritaire pendant les passages photoshoot et autographe

    - 2 rencontres avec les acteurs de 30 min, une le samedi, une le dimanche

    - Pack souvenir offert

    - Accès à la soirée Nocturne.

    - Cocktail de bienvenue.

    - Une photo de groupe avec les acteurs

    - Une photo de chaque acteur le samedi et le dimanche

    - Un autographe de chaque acteur le samedi et le dimanche

    - Supports autographes offerts

    - Accès à toutes les conférences

    - Accès à toutes les activités     

     

    Le 1er des 4 pass VIP est à présent mis aux enchères.
    Cliquez ici pour voir la page Ebay.
     

    Vous avez 10 jours pour enchérir. Bonne chance! 

     

    Pass Optimale : 200 euros (Limité à 150 pass) 

    - Accès les trois jours à la convention

    - Place dans les premiers rangs pendant les conférences

    - Accès à la soirée Nocturne

    - Cocktail de bienvenue

    - Une photo de groupe avec les acteurs

    - Une photo de chaque acteur

    - Un autographe de chaque acteur

    - Supports autographes offerts

    - Accès à toutes les conférences

    - Accès à toutes les activités 

     

    Pass Effort Exceptionnel 150 euros 

    - Accès les trois jours à la convention

    - Accès à la soirée Nocturne

    - Une photo de chaque acteur

    - Un autographe de chaque acteur

    - Accès à toutes les conférences

    - Accès à toutes les activités 

     

    Pass Acceptable 70 euros 

    - Accès les trois jours à la convention

    - Accès à toutes les conférences

    - Accès à toutes les activités

    - Possibilité d'acheter photoshoot et autographes sur place.

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  • Magic Christmas banner 2

     

    Spotlight Events organise les 18 & 19 décembre 2010 la première convention Harry Potter à la Maison Internationale, Paris. 

    La convention Magic Christmas aura pour invités : 

    * les comédiens de doublage :

    - Kelyan Blanc (Harry Potter)

    - Olivier Martret (Ron Weasley)

    -  Manon Azem (Hermione Granger)

    - Solange Boulanger (Dolorès Ombrage)

    - Margaux Laplace (Ginny Weasley)

    et Jenny Gérard, directrice artistique des doublages français de la saga Harry Potter, mais aussi de très nombreux films.

     

    * Les acteurs anglais :

    - Tom Felton (Draco Malfoy) SAMEDI UNIQUEMENT

    - Chris Rankin (Percy Weasley)

    - Matthew Lewis (Neville Longbottom)

    - Jessica Cave (Lavender Brown)

    - Natalia Tena (Nymphadora Tonks Lupin) 

    - Alfie Enoch (Dean Thomas) seulement le samedi au Bal des Sorciers et toute la journée du dimanche

     

    Les activités :

    - Le bal de Noël

    - Orchestre Philharmonique

    - Duel de Sorciers

    - Concours de Cosplay

     

    Toutes les infos sur les pass, les tarifs etc sur le site de Spotlight Event (cliquer sur la bannière).  

    L'association projette d'autres évènements pour le futur :

    - La convention Burton’s Wonderland pour les fans du réalisateur américain (Avril 2011)

    - La convention Middle Earth pour les fans de JRR Tolkien et de son Seigneur des Anneaux (Décembre 2011)

     

    ATTENTION : PASS MERLIN SOLD OUT !! 

    L’association Spotlight Events a décidé de venir en aide à l’association Petits Princes en organisant une enchère de produits dérivés Harry Potter dédicacés par vos acteurs préférés et en invitant des familles à passer un week-end entier dans le monde de la magie de Harry Potter ! 

    « Depuis 1987, l’Association Petits Princes réalise les rêves des enfants gravement malades atteints de cancers, leucémies, maladies génétiques…. En vivant leurs passions et en réalisant leurs rêves, ces enfants trouvent une énergie supplémentaire pour se battre contre la maladie. 

    L’Association ne limite pas ses interventions à la réalisation d’un seul rêve. En lien avec une centaine de services pédiatriques dans la France entière, plusieurs projets sont organisés pour un même enfant autour de ses passions au rythme de ses traitements et hospitalisations. Aujourd’hui un rêve est réalisé tous les 2 jours. http://www.petitsprinces.com/ »  

    Tous les fonds récoltés iront à l’association Petits Princes.

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  •  Spotlight Events banner

     

    Spotlight Events organise les 18 & 19 décembre 2010 la première convention Harry Potter à la Maison Internationale, Paris.

     

     

    Magic Christmas banner 

    La convention Magic Christmas aura pour invités :

    * les comédiens de doublage :

    - Kelyan Blanc (Harry Potter)

    - Olivier Martret (Ron Weasley)

    -  Manon Azem (Hermione Granger)

    - Solange Boulanger (Dolorès Ombrage)

    et Jenny Gérard, directrice artistique des doublages français de la saga Harry Potter, mais aussi de très nombreux films

     

    * Les acteurs anglais :

    - Tom Felton (Draco Malfoy) SAMEDI UNIQUEMENT

    - Chris Rankin (Percy Weasley)

    - Natalia Tena (Nymphadora Tonks)

     

    Les activités :

    - Le bal de Noël

    - Orchestre Philharmonique

    - Duel de Sorciers

    - Concours de Cosplay

     

    Toutes les infos sur les pass, les tarifs etc sur le site de Spotlight Events: http://www.spotlight-events.org/

     

    L'association projette d'autres évènements pour le futur :

    - La convention Burton’s Wonderland pour les fans du réalisateur américain (Avril 2011)

    - La convention Middle Earth pour les fans de JRR Tolkien et de son Seigneur des Anneaux (Décembre 2011)

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  • Voici une analyse des 3 premières saisons de la série Dr House (House MD) par ma soeur Flora, étudiante en cinéma.
    L'originale en anglais (avec la partie 2) se trouve sur sa page Facebook.


    “Deconstructing House” *

      Part I

     


    * Titre inspiré du film de Woody Allen « Deconstructing Harry »

     

    Dans une précédente analyse, j’ai expliqué comment un épisode de “House” était construit. A travers l’exemple d’un épisode précis (Lockdown) j’ai décortiqué les mécanismes scénaristiques et ainsi analysé la façon dont un épisode est écrit.

    Ce que je propose ici est un exercice similaire mais étendu à la série dans son ensemble. Je vais donc explorer la façon dont chaque saison est construite pour comprendre comment chaque “arc” de plusieurs épisodes en amène un autre et comment chaque saison mène à la suivante.

     

    En revisionnant la série en DVD, il est intéressant de voir la logique interne et donc la façon dont l’histoire de House est racontée.

     

    Les trois premières saisons semblent former un chapitre et les trois suivantes un autre. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de présenter cette analyse en 2 parties.  

     


     

    Il semble que le sujet de la première saison est l’éthique. L’arc «Vogler» ne parle que de ça. Ceci dit, un autre ‘arc’ va émerger au court de la saison. Celui-ci sera bien plus personnel et, de manière un peu surprenante, se liera avec le premier arc. Cette première saison est d’abord faite d’épisodes individuels n’ayant pas de rapport les uns aux autres. C’est vraiment ce qu’on appelle en anglais un «procedural show», c’est-à-dire qu’il suit une formule (un patient avec des symptômes contradictoires ou étranges arrive, plusieurs hypothèses sont avancées jusqu’au dénouement). En ce sens, ce n’est qu’après avoir vu une saison entière que l’on peut vraiment l’apprécier à sa juste valeur et ainsi comprendre sa construction interne et comment elle en est arrivée à ce dénouement.

     

    Les choses sérieuses commencent à l’épisode 12 de cette saison Sports Medicine. Jusqu’ici l’histoire et le passé des personnages avaient été adressés individuellement. Hors, là, dans cet épisode, House, de façon embarrassée, propose à Cameron de venir avec lui à un événement de «Monster Trucks»  parce que Wilson ne peut pas venir. C’est la première fois que House & Cameron passent du temps ensemble en dehors de l’hôpital et c’est aussi la première fois que Stacy est mentionnée. On ne sait pas qui elle est, mais il est évident qu’elle a été importante pour House car Wilson est réticent à dire à House qu’il va déjeuner avec elle. A la fin de l’épisode, House avoue à Cameron qu’il a vécu avec quelqu’un pendant quelques années et on peut supposer qu’il parle de Stacy. Puis, elle ne sera plus mentionnée, les scénaristes préférant développer l’intrigue du béguin de Cameron envers House à la place.

    L’arc House/Cameron a trois buts :

    - Explorer et approfondir le personnage de Cameron en adressant son syndrome de «l’ange salvateur»

    - Explorer une nouvelle facette de House en le déstabilisant

    - Préparer la future intrigue entre House & Stacy 

     

    Contrairement à ce que certains fans pensent d’elle, Cameron n’est pas une ridicule jeune femme ayant un pathétique béguin pour son mentor deux fois plus âgé. Je pense que le fait que House ait admis qu’il avait vécu avec quelqu’un a fait tiquer la jeune femme. Peut-être n’a-t-il pas toujours été le salaud malheureux et sarcastique qu’il semble être. Qui est réellement le véritable House ? Cameron est curieuse et elle va profiter de son intérêt pour House pour tenter d’en savoir plus sur l’homme.

    Elle lui demande sans ambages s’il l’aime bien, lui explique de façon détachée que oui, il est sans doute intéressé par elle malgré son dénie, et l’invite même à dîner. House est clairement déstabilisé par ce changement de dynamique entre eux. Il ne sait pas quoi faire. Il se sent un peu acculé et piégé, comme cet échange avec Wilson dans Role Model (01x17), le montre :


    W : “Dr. Cameron is getting to you.  Well, I guess you can’t be around that much niceness and not get any one you.”
    (Dr Cameron déteint sur toi. Je suppose que tu ne peux être en contact avec tant de sympathie sans que ce soit contagieux)

    H: “Is that why you haven’t put the moves on her?” (C’est pour ça que tu ne lui as pas fait des avances?)

    W: “What makes you think I haven’t put the moves on her?” (Qu’est ce qui te fait croire que je ne lui ai pas fait des avances?)


    A ce moment, House stop et fixe Wilson puis lève les yeux au ciel, comprenant qu’il est tombé dans le piège de Wilson. Alors, Wilson comprend que cette question n’était pas si innocente que ça et que Cameron a, manifestement, fait des avances à House. House, tente de rester le même et d’en rire, mais on peut deviner qu’en réalité, il est nerveux. Sinon il ne serait pas tombé dans le piège de Wilson.

     

    L’a-t-elle suffisamment déstabilisé pour lui faire baisser sa garde et en apprendre plus sur lui ? Cela va-t-il mener à quelque chose de plus pour elle ?

    La scène du rendez-vous dans Love Hurts (01x20) est excellente. House trouve un moyen de lui faire comprendre qu’il n’est pas personnellement intéressé par elle et que son béguin ne fait que mettre l’accent sur ses propres problèmes. C’est un très bon point de départ pour le personnage de Cameron de se développer. Elle se sent attirée par House uniquement car il est un concentré de problèmes et c’est ce qu’elle recherche, ce dont elle a besoin. C’est son mode de comportement, sa tendance, son cercle vicieux. Maintenant, il va falloir qu’elle trouve un moyen de dépasser son problème et qu’elle « casse » cette tendance.

    Cette scène pointe aussi le très faible amour-propre de House et à quel point il n’est pas doué ni à l’aise dans les rendez-vous galants comme celui-ci.

     

    L’épisode suivant, introduit, opportunément, le personnage de Stacy, qui nous fera découvrir encore une autre facette de House. N’ayant été mentionné qu’une seule fois auparavant, le public à eu le temps de l’oublier et d’être totalement pris par l’arc House/Cameron et donc d’être surpris par cette apparition aussi soudaine que logique (et finalement programmée). 
    L’intrigue entre House & Cameron a clairement été écrite pour préparer l’arrivée de Stacy et l’arc, que son histoire avec House va former. Dans Honeymoon (01x22), Stacy livre des informations sur House ainsi que sur leur histoire à Cameron, Stacy ayant deviné que la jeune femme s’intéressait à son ancien compagnon. Cette discussion est une bonne manière pour nous d’en apprendre un peu plus sur l’irascible docteur, mais la scène n’aurait pu fonctionner si Cameron  n’avait pas été attiré par House.

    Le déjeuner de Wilson avec Stacy a mené House à sortir avec Cameron ce qui a débouché sur un béguin et un intérêt particulier de sa part. Puis, cette intrigue a «rencontré» l’arc «Vogler». La conduite de celui-ci a mené au départ de Cameron, ce qui a obligé House à venir frapper à sa porte pour la réengager ce qui a débouché sur un rendez-vous. Tous ces événements se sont enchaînés logiquement pour mener tranquillement à la saison 2.

     

    La seconde saison commence donc avec un nouveau House, émotionnel et amoureux. Ce n’est pas soudain grâce à la fondation de la première saison.

     

    A ce moment, la relation entre House et Stacy est assez compliquée. On ne sait pas comment elle était avant, juste que ça s’est mal terminé après l’infarctus à la jambe de House, qu’il y a toujours des problèmes non résolus, surtout : sa jambe. House tente de s’ouvrir à elle, mais d’abord ils doivent reconstruire leur confiance mutuelle. House tente aussi de se rapprocher d’elle via des jeux immatures ce qui est clairement la mauvaise façon de faire. Ils vont donc tourner autour du pot pendant toute la moitié de la saison, envisageant même repartir de zéro mais ils ne sont plus au même point qu’avant. La situation est différente. Mark, le mari de Stacy, se frustre de sa nouvelle situation, ramenant sa frustration à la maison et des problèmes dans son union. Par conséquent, Stacy commence à douter de la solidité de leur mariage, se montrant plus vulnérable. House n’est évidemment pas d’une grande aide. Il souhaite interpréter la vulnérabilité de Stacy comme un signe qu’il peut faire le premier pas.
    Cependant, ils ne sont plus comme avant. Il a constamment mal, ce qui a changé sa façon de communiquer avec les gens qui l’entourent, alors qu’elle est maintenant mariée.

    Ils n’ont pas changé de façon fondamentale, mais le contexte n’est plus le même. Il n’y a toujours probablement pas de place pour elle avec lui comme elle l’a avoué dans Honneymoon et, au fond, il ne l’a toujours pas vraiment pardonné de ce qui est arrivé à sa jambe. De plus, elle aime son mari et n’est pas prête à le quitter. House s’est ouvert à elle mais ils ne sont pas capables de parler de ce qui est vraiment important, de parler du passé. Les problèmes non résolus ne disparaissent pas du jour au lendemain et House et Stacy doivent accepter le fait qu’ils se soient courtisés pour de mauvaises raisons. House, alors, rompt avec elle.

     

    Cet arc et son abrupte fin vont faire réfléchir House sur sa solitude et sa tristesse, sa déprime même. Il va refuser d’y faire face ce qui va provoquer une forte augmentation de sa douleur à la jambe.

     

    Les épisodes «post Stacy» explorent l’aspect psychologique de sa douleur. Bien sûr, il n’est pas question de nier son aspect purement physique, après tout, une grande partie de muscle dans sa cuisse droite manque. Toutefois, il est intéressant de voir à quel point son esprit a un impact  sur son  degré de douleur. House est vraiment une âme torturée et il ressent tellement. Sa tendance à éviter de faire face à son passé et des décisions qu’il a prises dans sa vie personnelle, d’occulter ses problèmes, a naturellement des conséquences sur sa vie. Sa jambe est une sorte de baromètre de son humeur et de sa santé mentale. Wilson tente de raisonner House à ce propos, mais il nie en bloc que sa rupture avec Stacy l’ait touché plus qu’il ne veut l’admettre, bien que sa jambe le fasse plus souffrir qu’auparavant. «More pain, more pills» (plus de douleur, plus d’analgésiques) est son credo dans Skin Deep (03x13). Il faudra que Cuddy lui avoue qu’elle lui a injecté un placebo au lieu de morphine pour que ça le fasse réfléchir et qu’il pense à une autre solution.

     

    Les arcs mènent House à prendre la décision de faire quelque chose de drastique contre sa douleur. House a apparemment fait beaucoup de recherches sur les possibilités médicales pour sa jambe afin de l’aider à réduire, voire totalement évacuer la douleur. Tout cela mène donc au traitement à la kétamine. De façon intéressante, House se souvient de ce traitement précis après s’être fait tirer dessus et lors d’une sorte d’hallucination qui le fera choisir la vie et par dessus tout, une vie meilleur. Dans son hallucination, House à une sorte de ‘brainstorming’ sur lui-même et sa vie et ainsi décide que, quitte à choisir la vie, autant faire un effort et tenter d’en avoir une meilleure.

     

    Comme lors de la première saison, tout se passe de façon cohérente ici. L’arc «Stacy» mène à une augmentation de la douleur qui mène au traitement à la kétamine.

    Ce traitement fera effet pendant un temps, juste assez pour nous permettre d’apercevoir un tout nouveau House, sans douleur et sans analgésiques, sans canne et plus relax. Comme pour la deuxième saison, ça ne vient pas d’un seul coup. Ce n’est pas un choc de le voir comme tel après ce qui a été établi dans la saison deux.

     

    Cet aperçu de ce House ne fait que de mettre l’accent sur son besoin d’analgésiques quand il est sous le coup de la douleur et comment ça l’affecte en tant qu’homme et en tant que docteur. House est différent quand il n’a plus mal. Plus sympa, plus heureux et plus relax. C’est comme si un poids avait quitté ses épaules. Malheureusement, ce n’est que temporaire. La douleur va revenir après seulement trois mois et, après trois épisodes de cette saison, il sera de retour à la case départ. House est vraiment plus un salopard quand il est sous drogue. Cette fois si, c’est même amplifié par le fait que House est clairement très frustré par l’échec du traitement à la kétamine. C’est à ce moment que commence l’arc «Tritter». Cette troisième saison traite de l’addiction de House et son entêtement. Son refus de faire face à ses problèmes va avoir des répercussions sur tout son entourage.

     

    Tritter apparaît pour la première fois à l’épisode 5 Fools For Love. Il est patient de la clinique, et, House, frustré et agacé de devoir remplir ses heures en consultations, se défoule sur lui. Je trouve House particulièrement déplaisant dans cette scène. Tritter, n’étant pas la personne la plus sympa sur cette terre, lui fait un croche pied. «Treat people like jerks, get treated like a jerk» (traitez les gens comme de la merde, soyez traiter comme une merde). Il se trouve que Tritter est un flic et un rancunier en plus de cela. Cela va avoir de sérieuses conséquences pour House et son obstination va se heurter à la détermination de Tritter à faire le faire tomber.

    Tritter va en faire une affaire personnelle, mais il est aussi évident que le refus de House d’admettre son problème d’addiction va affecter son entourage. Il n’y a pas de doute que House a besoin de ses analgésiques pour soulager sa douleur à la jambe, mais, après trois ans, nous savons tous qu’il a développé une addiction et que sa consommation de médicaments a un impact sur son humeur et son comportement. Cet arc en fourni un bon exemple. Alors que les choses s’enveniment pour lui, ses amis et les membres de son équipe, Cuddy doit réduire et contrôler ses doses de Vicodine. En conséquence, House est indéniablement en manque ce qui l’empêche de se concentrer et le rend plus agressif. Il est en effet incapable de résoudre «le cas» et sauver son patient dans Finding Judas (03x09) et se montre horrible envers Cuddy, lui disant qu’elle ferait une mauvaise mère. Cependant, il continue de penser qu’il n’a pas de problème et qu’il n’a donc pas besoin d’aide. Chaque épisode de cet arc rend son problème d’addiction de House encore plus évident. Son dénie ne fait que l’empirer. Il est sous pression et met tout le monde dans l’embarras, jusqu’à ce qu’il aille trop loin. En pleine crise de manque, en recherche d’analgésiques, il vole de l’Oxycodone à un patient et fait une overdose. Tous ses enchaînements amènent Wilson à mentir à la police et à perdre sa possibilité de traiter ses patients. Ils forcent également Cuddy à fabriquer une preuve et à se parjurer pour pouvoir lui éviter la prison.

     

    L’arc «Tritter» ne mène pas directement à un autre arc de plusieurs épisodes, mais a un impact important sur House. Nous le voyons ensuite sous un nouveau jour. Même s’il triche en cure de désintoxication et continue à prendre de la Vicodine, il se rapproche de ses amis Wilson et Cuddy, sachant très bien ce qu’il leur doit (spécialement à la seconde). Il ne discute pas vraiment avec Cuddy au début de One Day, One Room (03x12), aide Wilson avec ses patients délicats comme dans Family (03x21) et, par-dessus tout, il est de nouveau lui-même, concentré sur ses patients, se mêlant de la vie de Wilson et Cuddy, et rejouant à des jeux psychologiques et spirituels avec eux.

    Tout va pour le mieux jusqu’à ce que son autorité soit remise en question une nouvelle fois. Après un cas particulièrement difficile, Foreman décide définitivement qu’il ne veut pas devenir comme House et démissionne. Même si je pense que Foreman se trompe et qu’il n’est en rien comme House, il est intéressant de le voir confronter House sur le fait que celui-ci ne soit pas vraiment un bon modèle à suivre sur bien des plans pour ses employés. L’arc «Tritter», ne nous a pas montré House sous son meilleur jour et il est maintenant vulnérable dans son fauteuil de boss.


    Alors que la saison se termine, House, qui est une créature vouée aux habitudes (vit dans le même appartement depuis 15 ans, joue de la guitare qu’il possède depuis la 5ème, comme le lui rappelle Wilson), et qui déteste le changement, réalise peu à peu qu’il travaille avec la même équipe depuis trois ans maintenant et qu’un changement s’impose peut-être malgré tout. Ainsi, à la fin, il assume le fait que Foreman s’en aille, licencie Chase lui disant qu’il n’a plus rien à lui apprendre et que «it’s time for a change» (il est temps que les choses changent) et accepte la démission de Cameron. House vit bien ce retournement de situation, presque surpris de l’admettre à Esteban, le mari de sa dernière patiente en date, à la fin de Human Error (03x24) «I think, I’m okay» (je crois que je vais bien). Il achète même une nouvelle guitare, symbole de son acceptation de ce changement.
     

     

    Cette fin de saison sonne comme la fin d’une ère. Les trois premières saisons explorent le personnage de House le docteur, le génie ainsi que son mode de pensée, de voir les choses et le genre de vie qu’il mène. La série a alors une trame assez conventionnelle. Toutefois, plus les saisons avancent, moins elle est un «procedural show» et à la fin de la saison trois, une nouvelle ère et un nouveau chapitre s’ouvre. Ce sera un chapitre extrêmement dramatique et très intéressant. La série va explorer l’âme tourmentée de House, se concentrant plus sur l’homme que sur la médecine, devenant ainsi encore plus une étude de personnage. La majeure difficulté pour House est évidemment de ne pas se laisser affecter par ce brusque changement de dynamique dans sa relation avec Cameron mais la délicate situation dans laquelle il se trouve avec Vogler rend les choses difficiles. En effet, les choses se sont tellement envenimées avec le nouveau patron que Cameron a décidé de quitter l’hôpital. House respecte Cameron en tant que médecin et individu, mais le lui dire, pourrait être interprété autrement par elle. Il doit alors trouver un autre moyen de la faire rester. De son côté, Cameron est déterminée à voir au-delà du masque que House porte en permanence. Quand elle lui demande de dîner avec elle, cela sonne presque comme un défi. House est surpris et, je pense, un petit peu inquiet.
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    SPOTLIGHT EVENTS

     

    Un second acteur anglais de la saga potterienne sera présent à la convention Magic Christmas. Comme pour Tom Felton, il a sa petite vidéo de présentation. Mais contrairement à Tom, il sera bien présent les 2 jours. 

    Sachez enfin qu'un troisième acteur britannique est confirmé et qu'il sera annoncé prochainement. 

    La liste des invités est disponible ici, n’oubliez pas d’y jeter fréquemment un oeil pour découvrir les futurs invités et surprises qui vous attendent!

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  • Corey vidal made in 2008 a special tribute to John Williams's music. He recorded himself in 4 versions to have 4 different voices. For the lyrics, it is Star Wars. He sings A cappella. Here is the link, watch it, it is really well done and fun! Bravo Corey !

     

    Corey vidal a fait en 2008 un hommage spécial à la musique de john williams. il s’est enregistre en 4 versions pour avoir 4 voix différentes. Pour les paroles, c’est Star Wars. il chante a cappella. voici le lien, regardez, c’est vraiment bien fait et fun! Bravo Corey !

     

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  • L'association La Companie des Étoiles est fière de vous informer qu'une seconde Rencontre Midway sera organisée à Lille le samedi 15 mai 2010 de 10h30 à 18h ! 

    Toutes les infos ici. 

    Une rencontre Midway, c'est quoi ?

    Pour ceux qui auraient raté un épisode ;)

    Une Rencontre Midway se déroule sur une journée entière. C'est un évènement GRATUIT qui a pour but de rassembler les fans costumés (Starwars, Stargate, Harry Potter, Dr. Who...) dans une grande ville de France, plusieurs fois par an. Ainsi, les fans de la région désignée pourrons se rencontrer et parler de leur passion commune et participer à différentes activités organisées. Rien n'empêche les fans d'autres régions de venir, mais il faut savoir que les salles ne peuvent, hélas, pas contenir un très grand nombres de personnes et qu'il faut être patient car une rencontre viendra prochainement par chez eux :)

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    Deux invitées spéciales de plus à la convention Magic Christmas !

     * Solange Boulanger, voix française de Dolores Ombrage

     * Jenny Gérard, Directrice Artistique du doublage français de tous les films Harry Potter et de nombreux autres films ! 

    La liste des invités est disponible ici, n’oubliez pas d’y jeter fréquemment un oeil pour découvrir les futurs invités et surprises qui vous attendent!

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